Site du Syndicat CGT du Centre Hospitalier Toulon - La Seyne/mer
Rassemblement Unitaire 17 H 00
sur la parvis du Palais de Justice de Toulon
Communiqué de l'UD-CGT du Var
Les organisations réaffirment leur opposition aux politiques d’austérités imposées au peuple et proposent d’autres solutions, par un partage des richesses qui répondent à plus de justice sociale. Déclaration de l'Union Départementale CGT du Var Une nouvelle fois, le Président de la république choisi Toulon, pour se fendre d’un discours sur la crise économique structurelle que traverse notre pays, l’Europe et des implications à l’échelle mondiale. Un petit rappel de trois ans en arrière, alors que la tempête financière frappait la planète. Devant quelque 4.000 personnes, il avait estimé que la crise était causée par un "capitalisme perverti" et s'était prononcé pour une "remise à plat" du système financier international. Il avait dénoncé les rémunérations des chefs d'entreprises et des opérateurs financiers, comme les "parachutes dorés": à défaut d'accord entre professionnels, le gouvernement "règlera le problème par la loi avant la fin de l'année", avait-il dit, promettant "la sécurité et la continuité" du système bancaire et s'engageant à protéger les Français. On sait depuis ce qu’il en est véritablement, la France et l’Europe sont confrontées à une crise économique et sociale profonde. Des millions de travailleurs, en France et en Europe, voient leur emploi détruit ou menacé et le niveau de leur protection sociale mis en cause. Il y a une hypocrisie de la part de Nicolas Sarkozy qui tantôt dit pis que pendre de ces agences, annonce la fin du capitalisme financier et la disparition des paradis fiscaux, pour aujourd’hui développer une argumentation opposée : il faudrait s’agenouiller devant ces agences qui seraient les révélateurs de la bonne santé de l’économie. En réalité, elles sont les révélateurs d’une économie spéculative au service des investisseurs internationaux et de leurs actionnaires. Dans ce contexte, après un premier plan de rigueur annoncé en août, le gouvernement vient de décider d’une nouvelle série de mesures d’austérité, en l’absence totale de discussion avec les organisations syndicales. Ces mesures inéquitables et injustes : • font porter principalement les efforts sur les salariés et impactent leur pouvoir d’achat ; • font l’impasse sur le besoin de relance et de soutien à l’activité et à l’emploi et dégradent la qualité des services publics. Après la taxe sur les complémentaires santé, la poursuite des déremboursements, le gouvernement décide d’augmenter d’un jour la carence en cas d’arrêt maladie. Il s’en prend aux salariés malades, tous assimilés à des fraudeurs. Il rend de plus en plus difficile l’accès aux soins d’une part importante de la population. Dans le même temps, les efforts demandés aux plus aisés restent symboliques et des niches fiscales inefficaces et injustes sont laissées en l’état. Ces mesures sont économiquement inefficaces pour réduire l’endettement : elles réduisent l’activité au risque d’une spirale infernale qui mène à la récession.Nous ne sommes dupes, ni des motivations, ni du calendrier qu’imprime depuis quelques jours Nicolas SARKOZY. En fait, il apparait clairement que celui-ci soit contraint de s’installer plus tôt qu’il ne l’avait prévu, dans son costume de candidat à l’élection présidentielle. Contraint non pas, à apporter des réponses à la crise économique en France et en Europe, mais plutôt pour tenter de rassurer les marchés spéculatifs et financiers qui profitent de l’aubaine des politiques régressives sur le volet social, pour en rajouter à leur prétention de toujours plus de recul sociaux. Désormais, la dette sert d’alibi facile pour justifier toutes les régressions. Le président de la République a prononcé début novembre, à Strasbourg une phrase révélatrice de sa démarche : « La crise va créer beaucoup de souffrances mais ce peut être une opportunité pour notre pays de prendre des mesures qu’il n’aurait jamais acceptées. » Cette fuite en avant, ce refus de s’attaquer véritablement aux causes de cette crise économique structurelle se paye comptant pour les salariés et leurs familles. Le chômage repart à la hausse, suite à la conjonction : - de la multiplication des suppressions d’emplois et fermetures d’entreprise, tout particulièrement dans le secteur industriel, - des premiers reports de l’âge de la retraite depuis le 1er juillet conduisant à la diminution des offres d’emploi en remplacement des départs - et de l’insuffisance de la création d’emplois nouveaux, les employeurs enfermant les entreprises dans l’anticipation de la baisse des carnets de commandes. La question de la révision de la répartition des richesses est ainsi devenue un thème central dans le débat de société, ainsi qu’un sujet de discussion dans les entreprises, on ne peut plus éluder l’enjeu central de la répartition des richesses créées dans les entreprises, notamment entre la rémunération du travail, celle du capital et l’investissement pour l’avenir de l’emploi. L’austérité en France et en Europe n’est pas la solution à la crise. Au contraire, elle risque d’entraîner la récession. D’ailleurs, l’OCDE, a ramené sa prévision de croissance de l'économie française à 0,3% pour 2012, alors que le gouvernement table encore sur 1% de croissance en 2012. La situation est telle que le gouvernement prépare, malgré l’empressement du ministre de l’économie, François BAROIN, à le démentir, un troisième plan d’austérité et bel et bien en préparation, pour ces prochaines semaines. Selon l’OCDE, le taux de chômage devrait franchir la barre symbolique des 10%, à 10,4%, fin 2012. Le mouvement de creusement des inégalités sociales se poursuit et même s’accélère. Il induit la montée de puissants sentiments d’injustice parmi les salariés et l’ensemble de l’opinion. Le Secours catholique vient de lancer, comme d’autres associations de solidarité, un véritable cri d’alarme à ce sujet. L’accroissement des inégalités est aussi l’une des principales causes des déséquilibres financiers à l’origine de la crise, comme le soulignent des économistes de tendances très diverses. Notre système de protection sociale est menacé par un accroissement inquiétant des déficits sociaux. Toutes les branches de la sécurité sociale sont impactées : l’assurance maladie, la retraite, la famille, auxquelles s’ajoute l’indemnisation du chômage. Ce n’est pas le coût du travail qui est en cause. Le problème est d’abord l’absence de politique industrielle structurée pour inverser la tendance. C’est aussi le sous-investissement. L’an dernier, les entreprises industrielles et de services (hors les banques et assurances) ont injecté 180 milliards d’euros en investissements. C’est inférieur à la somme des dividendes versés aux actionnaires, 210 milliards d’euros. La part de la production industrielle dans le PIB a chuté en une décennie de 18 à 12 % en France alors qu’elle est restée à un niveau de 24% de l’autre côté du Rhin... Profitant de la venue de Nicolas SARKOZY à TOULON, l’union départementale CGT réaffirme son qui réponde à plus de justice sociale. La CGT propose de traduire avec les salariés les dix exigences détaillées ci-dessous en revendications justes, précises, portées par tous, dans chaque entreprise, pour obtenir des résultats concrets : le seul risque que l’on prend en se mobilisant c’est éventuellement d’être entendu !
1. Revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux
2. Contrôler les aides publiques aux entreprises
3. Contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements
4. Suppression des exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires
5. Stopper les suppressions d’emplois
6. Développer les politiques publiques et les moyens des services publics
7. Réformer la fiscalité en profondeur
8. Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits
9. Taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux
10. Mettre en place un fond européen de solidarité sociale et de développement économique.
Faut-il faire confiance au gouvernement et au Medef, ou se mobiliser ? Chômage, pouvoir d’achat, logement, santé nécessitent des réponses immédiates. C’est tout le sens de l’action de la CGT et de l’appel à la mobilisation unitaire du 1er au 15 décembre proposant une série d’initiatives et d’expression revendicative.